Résumé :
La professeure Anne Morelli commence par nous donner quelques définitions de la culture :
· L’aspect agricole, qui n’est pas celui que nous allons aborder, mais c’est le premier sens.
· Etre cultivé : avoir des connaissances. Cela fait référence plutôt à l’accumulation de connaissances qui ne sont pas directement utiles au quotidien mais plutôt sur un plan social. Avoir de la culture. Ce n’est pas non plus cette définition qu’elle retiendra.
· Particularités de personnes qui vivent en groupe et qui ont en commun divers éléments (intellectuels, psychologiques, matériels, …). Il peut s’agir de la manière de faire son lit, de cuisiner… Tous les groupes humains, en ce sens large, possèdent une « culture ».
Madame Morelli aborde ensuite les 3 paradoxes d’Herskovits :
1. La culture est universelle et unique : Tous les peuples et groupes humains ont une culture (et même sans doute les grands singes). Toutes les cultures se posent les mêmes questions mais les réponses varient. Chaque manifestation locale est unique.
2. La culture est stable et dynamique : Il existe une stabilité dans toute culture car elle se transmet de génération en génération mais elle n’est pas pareille à chaque génération. Il y a des changements continus et constants.
3. La culture occupe toute notre vie mais est souvent inconsciente. Elle fait partie de nous depuis la naissance (et même avant). Nous pensons que la norme est ce que nous vivons. Nous percevons qu’il ne s’agit pas d’une norme universelle seulement lorsque nous entrons en contact avec d’autres groupes.
Donc en synthèse : la culture est l’ensemble des traits distinctifs qui caractérise un groupe humain.
Notre culture est-elle supérieure ?
Tous les humains ont l’impression que leur culture est la meilleure et placent leur peuple au centre de l’univers. Il s’agit de l’ethnocentrisme. Madame Morelli nous présente plusieurs exemples de visions différentes : les mariages et ses variantes culturelles. (1 + 1, 1 + plusieurs, plusieurs + 1), l’expression du deuil, les liens de famille, les vêtements et ornements, …
Face à ces différences :
· Soit on pense que notre système est le meilleur, que nous avons été privilégiés par dieu ou la nature. De nombreux mythes racontent l’origine de chaque peuple et le placent au centre du monde avec la bonne couleur ou des qualités uniques (Pakistan= le pays des hommes purs, Burkina Faso= le pays des hommes intègres) ou encore le présentent comme le peuple élu.
· Soit on combat cette idée d’ethnocentrisme et on adopte un relativisme culturel et on accepte que notre point de vue n’est ni le meilleur ni l’unique.
Le relativisme culturel pose cependant une série de questions : jusqu’où allons-nous accepter les différences culturelles ? Que fait-on face à l’excision des jeunes filles ou autres mutilations ? Accepte-t-on la lapidation d’une jeune femme qui a eu un enfant hors mariage ? Est-ce acceptable ? Notre relativisme se heurte dans ces exemples à d’autres valeurs qui nous sont chères comme l’égalité entre les hommes et les femmes. Le relativisme culturel n’est donc pas simple. Il faut réfléchir au cas par cas.
Dans les Q&R madame Morelli répond à une question sur la culture et ses sous-groupes. Elle présente l’identité culturelle sous la forme d’une parabole : une pâte feuilletée constituée de différentes couches de sous-cultures : celle de femme, d’enseignante, la langue parlée, les appartenances religieuses ou non, les études, … chaque couche est un élément de sous-culture qui constitue un individu unique.